Les Fonctions Et Les Formes De La Monnaie Dissertation

C.1 : Les fonctions et les formes de la monnaie

Notions et contenus
– La monnaie : instrument d’échange, de mesure et de réserve de valeur ; actif liquide.
– Les monnaies fiduciaire et scripturale ; les instruments de paiement.

Introduction
La monnaie constitue un instrument essentiel de l’activité économique, qui permet de se procurer tout bien ou service vendu sur un marché. Elle sertà la fois d’intermédiaire dans les échanges, de moyen de réserve de valeur et d’unité de compte. Par rapport aux autres actifs, elle a la propriété d’être acceptée comme moyen de paiement universellement, immédiatement et sans coût.
Dans les économies contemporaines, la monnaie ne revêt plus les formes de monnaie fiduciaire et de monnaie scripturale. Ces deux formes circulent grâce à de multiplesinstruments, qui tendent à devenir de plus en plus dématérialisés.

Questionnement des élèves :
La monnaie a-t-elle toujours existé ? Troc

I Les fonctions de la monnaie

A) Instrument d’échange

La monnaie facilite les échanges (ou transactions) entre les agents économiques. Dans une économie monétaire, les produits s’échangent en effet contre de la monnaie qui permet à son tourl’achat d’autres biens et services.

La monnaie est un actif parfaitement liquide, accepté par tous à sa valeur nominale.
Actif car permet l’acquisition de biens ou services ;
Liquidité ( qualité d’un bien à être converti à tout moment en monnaie sans perdre de valeur et donc à être utilisable immédiatement dans toute transaction.
( La monnaie est un actif parfaitement liquide puisqu’elle estutilisable immédiatement, sans transformation et donc sans coût, pour régler les échanges.

( des actifs financiers tels que les actions dont la conversion monétaire n’est pas toujours immédiate et sur laquelle pèse un risque de perte de valeur.

B) Instrument de mesure

La monnaie permet d’exprimer le prix des biens et services en une unité commune ( instrument (étalon) de mesure (comparaisons.

Le prix d’échange représente la quantité de monnaie qu’un individu doit fournir en contrepartie de l’acquisition du produit.

C) Instrument de réserve de valeur

La monnaie rend possible les transactions dans le temps. Elle peut être conservée afin de reporter les achats.

II Les principales formes de la monnaie

L’évolution des formes de la monnaie se caractérise par un processusde dématérialisation : monnaie marchandise, monnaie métallique, monnaie fiduciaire, monnaie scripturale, monnaie électronique (cf doc manuel).

Rappel historique
La monnaie marchandises était une monnaie constituée de marchandises désirées pour elles-mêmes (coquillage, bétail, blé, riz, fer de hache, couteau, pièce de tissus…).

Rapidement se posent des problèmes en matière de conservationet de transport de ces marchandises qui permettent les transactions. C’est pourquoi peu à peu on a utilisé des métaux qui se conservaient (( monnaie métallique)

La monnaie métallique, qui a remplacé la monnaie marchandise, désignait les monnaies qui tiraient leur valeur de la rareté du métal qu’elles contenaient. Elles se composaient d’or ou d’argent.
La valeur des pièces était fonction de laquantité de métal utilisée.
Monnaie métallique : moyen de paiement dont la valeur est définie par le poids, la quantité de métal qui constituent sa matérialité. Il s’agit de pièces métalliques en or ou argent frappées et certifiées.

Un problème se pose : les échanges se multiplient (besoin de + en + de monnaie), or on extrait de moins en moins d’or du sol ( apparition de nouvelles formes demonnaie.

A) Monnaie fiduciaire

En France, aujourd’hui, la monnaie fiduciaire se compose des pièces de monnaie et des billets de banque. La valeur faciale de cette monnaie, visible sur les pièces et les billets, est détachée de son contenu, c’est-à-dire de son coût de fabrication. L’utilisation (et la valeur) des pièces et des billets ne repose plus que sur la confiance (fiducia en...

Nos économies sont monétaires dans la mesure où les produits ne s’échangent pas contre des produits, mais contre de la monnaie qui, à son tour, s’échange contre des produits. La place essentielle de la monnaie dans les économies contemporaines nous amène à nous interroger sur ses fonctions, ses formes, ainsi que sur les mécanismes de sa création.

I – Qu’est-ce que la monnaie ?

La monnaie se définit en économie comme un actif parfaitement liquide. Cela signifie que la monnaie permet de régler des achats de façon immédiate, sans aucun coût. Elle repose sur la confiance, puisque son acceptation comme moyen de paiement suppose que le vendeur pense que la monnaie qu’il détient sera acceptée par d’autres, aujourd’hui ou dans le futur.

A. Les fonctions de la monnaie

D’un point de vue théorique, on peut considérer comme le font beaucoup d’économistes que la monnaie est introduite pour résoudre les problèmes posés par le troc. Dans une économie de troc, tout agent économique doit trouver non seulement quelqu’un qui soit prêt à lui vendre les biens qu’il recherche mais aussi que cet agent économique accepte en échange les biens dont lui-même dispose. C’est ce qu’on appelle le problème de la double réciprocité des besoins. Cette double réciprocité des besoins risque de bloquer les échanges dès que le nombre de produits à échanger est important. Ce problème est résolu par l’introduction de la monnaie qui est acceptée par tous. De plus, la monnaie permet d’exprimer dans une même unité la valeur des biens échangés. Il n’est plus besoin de calculer les prix relatifs des différents biens.

L’introduction de la monnaie permet enfin de résoudre un autre type d’inconvénients du troc : le problème des coûts de transaction. La monnaie, comme intermédiaire des échanges permet d’éviter les coûts liés à la recherche des partenaires et des lieux de l’échange (perte de temps, coûts de stockage, etc…).

1) Les trois fonctions de la monnaie

La monnaie est souvent définie par les économistes par ses trois fonctions essentielles : c’est un moyen de paiement immédiat, accepté par tous sur un territoire donné, qui sert d’unité de compte et de réserve de valeur.

  • La monnaie sert d’intermédiaire des échanges : la monnaie permet de fractionner l’échange en deux opérations distinctes. La première étape consiste à échanger un bien contre une certaine quantité de monnaie. La seconde étape, cette quantité de monnaie (ou seulement une partie) permet d’acheter un autre bien. Elle permet d’éviter l’inconvénient de la double réciprocité des besoins caractéristiques du troc. La monnaie est donc cette marchandise particulière qui est acceptée par tous les échangistes dans une société ; elle peut servir à payer n’importe quelle autre marchandise que l’on souhaite acheter et par conséquent, si l’on souhaite vendre quelque chose, on accepte cette marchandise comme moyen de paiement, puisqu’on est certain de pouvoir à nouveau l’échanger contre autre chose que l’on souhaite acquérir : on dit que la monnaie est l’équivalent général. L’équivalent général n’est pas une marchandise quelconque. Au départ, les sociétés choisissent une marchandise ayant un caractère très désirable. Très vite, les sociétés occidentales utilisent les métaux précieux, qui offrent la garantie d’une matière première parfaitement malléable et largement inaltérable.
  • La monnaie permet de mesurer la valeur de toutes les marchandises, en fixant un prix simple. En tant qu’équivalent général, elle permet de définir un rapport d’échange simple avec toutes les autres marchandises.
  • Enfin, la monnaie a une fonction de réserve de valeur : elle peut être conservée afin de reporter dans le temps l’achat d’un bien. La monnaie est, comme l’écrivait Keynes, un « lien entre le présent et l’avenir ».

On peut noter que pour qu’une marchandise puisse remplir ces fonctions, elle doit respecter certaines conditions : tous les objets ne peuvent servir de monnaie. La monnaie doit être un bien divisible (en petites quantités pour pouvoir régler les achats quotidiens), elle doit également être transportable et pouvoir se conserver dans le temps. Et il faut qu’elle soit acceptée, donc désirée par tous.

Mais n’envisager la monnaie que comme un simple objet économique ne suffit pas à rendre compte de toutes ses dimensions. Elle ne peut se réduire à un simple instrument pratique qui peut faciliter le commerce et les échanges. Elle est véritablement une institution sociale, une convention et elle a une importante dimension politique.

2) La monnaie est une institution qui repose sur la confiance

La monnaie n’est pas seulement un instrument économique. Des travaux d’anthropologie, d’histoire et de sociologie ont ainsi montré que la monnaie était étroitement liée à l’organisation sociale et à la question du pouvoir dans une société.

Pour que la monnaie remplisse ses fonctions (intermédiaire des échanges, réserve de valeur), il faut que les agents économiques soient persuadés de sa valeur et de sa stabilité. Seuls des agents liés par une croyance forte dans l’avenir de leur communauté peuvent accepter de la monnaie en échange de leurs biens ou comme rémunération de leur travail. La fuite devant la monnaie, caractéristique des hyperinflations, repose toujours sur une crainte devant l’unité monétaire et une méfiance envers les institutions chargées de son émission. Dans ce cas d’hyperinflation, la monnaie n’assure plus toutes ces fonctions, notamment celle de réserve de valeur : les agents économiques s’en débarrassent et réalisent leurs transactions en recourant soit à de la monnaie étrangère, soit au troc. Il en est ainsi en Allemagne au début des années 1920, comme en Amérique latine dans les années 1980 ou dans les pays de l’Europe de l’Est au cours des années 1990. La banqueroute de Law (1720) ou la faillite des assignats à l’époque de la Révolution française montrent que sans une relation de confiance, la survie d’une monnaie fiduciaire est impossible. Lorsque s’installe la défiance vis à vis de la monnaie, on observe chez les agents économiques la volonté de convertir la monnaie en quelque chose de valeur (or, la pierre, …). Il s’ensuit donc des retraits massifs dans les banques (fuite devant la monnaie, ou « bank run »), ce qui provoque des faillites bancaires et d’entreprises en chaîne. La monnaie perd sa valeur et l’inflation devient extrêmement forte. On peut même assister à un retour au troc, ou bien à la circulation de monnaie étrangère dans le pays, celle-ci inspirant plus confiance à la population.

Au-delà se son rôle économique de la monnaie (faciliter les échanges), la monnaie remplit donc un rôle social et politique : elle est un support identitaire, et nourrit un sentiment d’appartenance à une communauté. La monnaie est un lien entre tous ceux qui l’utilisent, et qui constituent la « communauté des paiements ». L’exemple de la monnaie européenne permet d’illustrer cet aspect de la monnaie. La création d’une monnaie unique circulant dans plusieurs pays est censée participer à créer une identité commune, à rapprocher les populations et à légitimer les institutions. Et les débats qui ont eu lieu lorsqu’il s’est agi de choisir les illustrations des billets montrent combien la monnaie joue un rôle important dans l’identité et la cohésion d’un pays.

B. La monnaie prend différentes formes au cours du temps

On a de façon générale assisté à un processus de dématérialisation de la monnaie, même s’il n’y a pas eu d’évolution linéaire des formes de la monnaie. On passe de la monnaie-marchandise à la monnaie métallique, puis à la monnaie fiduciaire, pour enfin voir se développer une monnaie scripturale totalement dématérialisée.

Les premières formes de monnaie sont des monnaies-marchandises : on choisissait un type de marchandise comme unité de compte : par exemple, les cauris, petits coquillages blancs ou jaune clair semblables à une porcelaine, récoltés sur les rivages des îles Maldives dans l’Océan indien ou aux Philippines, qui ont circulé depuis la Haute Antiquité (- 3000 avec la fondation de l’État Egyptien, et l’écriture hiéroglyphique ; et jusqu’à – 600), mais aussi en Inde, puis diffusés à partir du 8éme en Afrique orientale par les marchands arabes. Rapidement, les métaux précieux se sont imposés, du fait de leurs qualités intrinsèques (stockables, divisibles, désirés par tous) : on parle alors de monnaie métallique. La circulation d’or et d’argent, quand elle s’impose, prend la forme d’une monnaie pesée : toutes les pièces font le même poids en métal précieux. Puis on passe à la monnaie frappée : une autorité (politique, religieuse) garantit la valeur de la monnaie en métal précieux en y apposant un signe, le plus souvent un portrait. On a là l’amorce d’une monnaie fiduciaire, c’est à dire fondée sur la confiance (fiducia en latin).

Face au développement des échanges et aux limites de la monnaie métallique (notamment : faible valeur de chaque unité monétaire), les billets de banque s’imposent progressivement : il s’agit de monnaie-papier. Au départ, ils sont la contrepartie d’un dépôt de métal précieux, puis petit à petit, les banques émettent des billets sans qu’il y ait de dépôt correspondant. Mais les billets restent convertibles. Puis, le billet le billet devient inconvertible (on dit qu’il a cours forcé et cours légal), il s’agit de monnaie fiduciaire par excellence : la valeur du billet ne réside pas dans la valeur de sa matière première.

Enfin, dernier stade de cette évolution : la monnaie scripturale. Il s’agit des avoirs matérialisés par les écritures des banques, c’est-à-dire l’ensemble des dépôts à vue. Elle est immédiatement transformable en monnaie fiduciaire (vous pouvez à tout moment retirer de l’argent au guichet) et elle permet une circulation plus facile et moins coûteuse : virement de compte à compte. La monnaie scripturale circule grâce à des moyens de paiement comme le chèque ou la carte bancaire : il ne faut pas confondre ces moyens de paiement avec la monnaie. Cela dit, la monnaie divisionnaire (les pièces) et la monnaie papier (les billets) sont à la fois de la monnaie et des moyens de paiement...

La quantité de monnaie en circulation dans une économie est mesurée grâce à un agrégat : la masse monétaire. La masse monétaire désigne la quantité de monnaie en circulation dans une économie. Il s’agit de la monnaie au sens large. La masse monétaire comprend donc les billets et les pièces (la monnaie manuelle), ainsi que les dépôts à vue. C’est la monnaie au sens strict. Les autorités monétaires distinguent différents agrégats en fonction de leur degré de liquidité et de leur risque. M1 correspond à la monnaie au sens strict du terme, parfaitement liquide et sans risque. M2 inclut les dépôts à court terme (donc moins liquide, puisqu’ils doivent être convertis pour être transformés en moyens de paiement). Enfin M3 regroupe en plus des actifs qui présentent un certain risque de perte de valeur (titres négociables émis par les institutions financières). M3 désigne la masse monétaire au sens large. Aujourd’hui, la monnaie scripturale représente plus de 80 % de l’agrégat M1 : preuve de la dématérialisation de la monnaie.

II – Les mécanismes de la création monétaire

A. Comment la monnaie est-elle créée ?

Il faut en préambule de cette étude de la création monétaire corriger certaines idées reçues qui sont fausses. La première d’entre elles : imprimer des billets, ce n’est pas créer de la monnaie. En effet, aujourd’hui, on imprime des billets pour remplacer les billets abimé (donc le nombre de billets en circulation n’augmente pas, il n’y a pas création monétaire). On imprime également des billets pour faire face aux demandes des clients qui souhaitent retirer de « l’argent liquide » au guichet. Dans ce cas, des billets entrent en circulation, mais une somme équivalente est débitée du compte du client qui a retiré ces billets. Il n’y a donc pas création monétaire (la quantité de monnaie n’augmente pas).

Il existe en réalité trois moyens de créer de la monnaie, c’est-à-dire de faire augmenter la monnaie monétaire dans un pays : lorsque les banques privées accordent des crédits à leurs clients, lorsque les banques accordent un prêt au Trésor Public, ou lorsqu’elles achètent des bons du Trésor, et lorsqu’il y a une entrée de devises dans le pays.

1) La création monétaire par le crédit bancaire

Les banques commerciales/privées créent de la monnaie chaque fois qu’elles accordent un crédit aux particuliers sans qu’il y ait eu épargne préalable.

« Ce sont les crédits qui font les dépôts et non l’inverse ». En effet, l’argent prêté par la banque est dépensé, et donne naissance à des revenus, qui se transforment en dépôts. Autrefois, dans le fonctionnement des banques, on ne prêtait que l’argent qui était disponible dans les caisses de la banque : on disait alors que les dépôts faisaient les crédits. Mais progressivement, les banquiers se sont aperçus que les dépôts n’étaient jamais entièrement retirés par leurs propriétaires et que les crédits donnaient naissance à des flux monétaires entrants (des dépôts de leurs clients). Donc ils pouvaient accorder plus de prêts qu’ils n’avaient d’argent dans la caisse. A partir de là, il y a création monétaire : le crédit accordé ne s’est pas traduit par une ponction sur les dépôts existants mais par la création d’une capacité de paiement supplémentaire. La banque n’a utilisé aucune ressource préalable pour effectuer cette opération, elle a créé de la monnaie.

Évidemment, dans un pays, il n’y a pas qu’une seule banque. Les crédits accordés par une banque se traduisent par des dépôts dans les autres banques. Si un client du Crédit Agricole fait un chèque en faveur d’un client d’une Caisse d’Épargne, cela implique que sa banque, le Crédit Agricole, doit verser la somme correspondante à la Caisse d’Épargne. On dit que la Caisse d’Épargne a un avoir sur le Crédit Agricole.

Chaque jour, les banques calculent ce qu’elles doivent aux autres banques, et ce que ces autres banques leur doivent. Cela s’appelle la compensation. À l’issue de ce calcul, elles savent quelle est leur position par rapport aux autres banques, et elles règlent le solde de leurs avoirs et de leurs dettes. Ce règlement des dettes se fait au niveau de leur compte à la Banque Centrale. La Banque Centrale est la "banque des banques" : elle n’est pas une institution privée, mais publique, et se situe au sommet de la hiérarchie du système bancaire. Chaque banque commerciale (dite aussi banque de second rang) doit posséder un compte à la Banque Centrale, approvisionné en monnaie Banque Centrale (en d’autres termes, les banques commerciales ne peuvent pas créer cette monnaie en s’accordant à elles-même un prêt !). Les banques commerciales doivent alimenter ce compte, de façon à pouvoir à tout moment disposer des sommes en monnaie banque centrale dont elles peuvent avoir besoin (on précisera un peu plus loin en quelles occasions elles ont besoin de monnaie banque centrale). Or se procurer de la monnaie banque centrale a un coût : elles doivent l’emprunter à d’autres banques ou à la Banque Centrale elle-même. C’est comme cela qu’on peut contrôler la création de monnaie dans une économie.

Terminons avec les autres sources de la création monétaire, avant de revenir sur la question du contrôle du système monétaire.

2) La création monétaire par le Trésor Public

Les banques de seconde rang créent de la monnaie lorsqu’elles achètent des bons du Trésor sans avoir l’épargne préexistante, comme si elles faisaient un crédit. Elles créent également de la monnaie scripturale lorsqu’elles accordent un crédit au Trésor public (qui gère les finances de l’État). Les banques acquièrent en contrepartie des créances sur le Trésor, en souscrivant des bons du Trésor.

3) La création monétaire par l’entrée de devises

Il existe une autre source de création monétaire : le commerce international. Quand une entreprise exporte plus qu’elle n’importe, elle a à sa disposition des devises étrangères. Comme elle ne peut se servir de ces devises dans le pays, elle va les changer à sa banque contre de la monnaie nationale. Il y a ici création monétaire, dans la mesure où la monnaie scripturale ou manuelle qui entre en circulation n’existait pas dans le pays auparavant.

Prenons un exemple : Airbus qui vend un A38O aux USA. Les Américains vont payer cet avion en dollars. Mais Airbus doit payer ses salariés et ses fournisseurs en euro. Donc Airbus va échanger ses dollars contre des euros. La banque d’Airbus va créer de la monnaie en créditant le compte de l’entreprise de l’équivalent en euros des dollars déposés par Airbus. La masse monétaire en circulation augmente. Dans le bilan comptable de la banque, elle inscrit à son actif le montant des devises qu’elle a récupéré (et au passif, elle crédite le compte de son client).

Inversement, lorsqu’un consommateur achète un produit américain en ligne (un CD ou un DVD par exemple), il doit d’abord se procurer des dollars pour régler son achat : son compte est alors débité d’un montant en euros contre lequel il reçoit des dollars (qu’il verse sur le compte du commerçants aux États-Unis). La masse monétaire en circulation dans la zone euro a donc diminué (et elle a augmenté aux États-Unis).

Pour résumer, une entrée de devises se traduit par une augmentation de la masse monétaire (si ces devises sont échangées contre de la monnaie nationale). À l’inverse, une sortie de devise correspond à une diminution de la masse monétaire en circulation.

En pratique donc ce sont surtout les banques commerciales par l’intermédiaire du crédit bancaire qui créent la monnaie. Mais elles ne sont pas libres de faire ce qu’elles veulent : le processus de création monétaire est très encadré. C’est la Banque Centrale qui est chargée de contrôler la création monétaire.

B. La création monétaire est encadrée

1) Pourquoi faut-il limiter la création monétaire ?

Le risque principal d’une création monétaire excessive est l’inflation. En effet, si on crée beaucoup de monnaie, on stimule la consommation et l’investissement : la demande augmente. Or l’offre est rigide à court terme : les entreprises, lorsqu’elles utilisent pleinement leurs capacités de production, sont obligées d’investir et d’embaucher si elles veulent produire plus, ce qui prend du temps. L’offre ne peut donc pas augmenter à court terme. Ce sont alors les prix qui augmentent (puisque la demande est supérieure à l’offre, conformément à la loi de l’offre et de la demande). On peut définir l’inflation comme la hausse durable du niveau général des prix à l’intérieur d’un espace donné (généralement le pays). Ce phénomène a un caractère prolongé et généralisé : une hausse ponctuelle et localisée des prix ne peut pas être considérée comme de l’inflation sauf si elle se propage à toute l’économie et se reproduit sur la période suivante. L’inflation peut-être aussi définie par ses conséquences sur le consommateur : elle constitue une perte de pouvoir d’achat de la monnaie ou encore une diminution de la valeur de la monnaie (avec la même quantité de monnaie, on achète moins de biens et services).

Il faut distinguer inflation et hyperinflation. L’hyperinflation est une forme exacerbée de hausse du niveau général des prix (un taux supérieur à 50% par mois). C’était le cas de l’Allemagne en 1923 : il fallait, en mars 1922, 401 marks pour un dollar et fin novembre 4200 milliards de marks pour un dollar. Plus récemment, le Zimbabwe a connu un épisode d’hyperinflation extrême, au cours de la décennie 2000, avec un taux d’inflation journalier proche de 100%, ce qui signifie que le niveau général des prix doublait tous les jours.

Les conséquences de l’inflation sont nombreuses.

  • L’inflation conduit à une perte de compétitivité-prix par rapport aux partenaires, dans le cadre d’une économie ouverte et mondialisée. Les exportations risquent de baisser et les importations de progresser, ce qui peut entraîner ou aggraver le déficit commercial.
  • Les effets de l’inflation sur la consommation et l’épargne sont ambigus. La perte de pouvoir d’achat diminue la consommation et ralentit la croissance économique. Le chômage se développe. Mais d’un autre côté, l’inflation réduit le poids des dettes (la somme que vous devez rembourser "vaut" moins que celle que vous avez emprunté), ce qui dégage du pouvoir d’achat pour les personnes endettées.
  • L’inflation brouille le calcul économique des agents : l’incertitude est plus forte, et il peut être difficile pour les entreprises de déterminer leur niveau de production et leurs prix de vente lorsque les prix augmentent fortement et/ou rapidement.
  • L’inflation modifie la répartition des revenus au détriment des détenteurs de revenus fixes (rentiers, les agents économiques touchant des pensions qui sont revalorisées avec retard comme les retraités) et des épargnants : on remarque en effet qu’en période de forte inflation, les taux d’intérêts sont faibles. Les agents endettés tirent parti de l’inflation qui opère un transfert de revenus des créanciers vers les débiteurs.

Il apparaît donc nécessaire de contrôler la création de la masse monétaire pour préserver le pouvoir d’achat de la monnaie. C’est la Banque Centrale qui est chargée de surveiller la création monétaire.

2) Comment la Banque Centrale contrôle-t-elle la création monétaire ?

Le système bancaire est hiérarchisé. La Banque Centrale se situe au sommet de la hiérarchie. Elle est la « banque des banques », et les banques de second rang sont obligées d’avoir un compte à la Banque Centrale et de posséder de la monnaie centrale (la monnaie que crée la Banque Centrale : pièces et billets + monnaie scripturale sur les comptes de banques commerciales à la Banque Centrale). Les banques de second rang sont soumises à un certain nombre de contraintes, qui les empêchent de créer de la monnaie de façon illimitée. Ces contraintes sont en grande partie déterminée par la Banque Centrale elle-même.

Les banques de second rang ont besoin de se procurer de la monnaie centrale pour trois raisons :
 elles doivent constituer des réserves obligatoires, proportionnelles au montant des crédits accordés (c’est une règle établie par la Banque Centrale)
 elles doivent se procurer de la monnaie centrale auprès de la Banque centrale pour répondre à la demande de leurs clients (demande de billets)
 elles doivent se procurer de la monnaie centrale pour régler leurs dettes envers les autres banques après les opérations de compensation.

a- La Banque Centrale agit sur le coût du refinancement des banques commerciales

Si une banque commerciale n’a pas assez de liquidités (monnaie immédiatement disponible), elle peut s’en procurer sur le marché monétaire interbancaire auprès d’autres banques commerciales ou directement auprès de la Banque Centrale. Un rôle important de la Banque Centrale est donc de refinancer les banques commerciales, c’est à dire de leur fournir des liquidités (de la monnaie banque centrale) en "prenant en pension" des actifs en leur possession (bons du Trésor et créances privées sûres). Ces refinancements sont le plus souvent d’une durée très courte, de un à quelques jours. La monnaie ainsi créée disparaît dès son retour à la Banque Centrale à la fin de la prise en pension.

Ce refinancement n’est pas gratuit, et son "prix" est déterminé par la Banque Centrale : c’est le taux directeur. Le taux directeur, c’est le taux d’intérêt auquel la Banque Centrale prête de la monnaie banque centrale aux banques de second rand, c’est-à-dire le taux d’intérêt minimum auquel se refinancent les banques. Compte tenu de la place particulière de la Banque centrale dans le système bancaire, le taux directeur influence directement le taux du marché interbancaire (si le taux interbancaire est supérieur au taux directeur, alors la demande de liquidité sur le marché diminue, les banques choisissant d’aller voir directement la Banque centrale. Le taux du marché monétaire diminue donc lui aussi (car l’offre est supérieure à la demande).

En faisant varier son taux directeur, la Banque Centrale va donc contrôler la création monétaire :

  • si elle pratique des taux d’intérêt bas : le coût du refinancement est relativement faible pour les banques de second rang. Elles seront donc incitées à accorder plus de prêts à des taux bas aux agents économiques. La quantité de monnaie en circulation va donc augmenter. On parle alors de politique monétaire expansionniste. Les entreprises et les ménages accèdent plus facilement au crédit et augmentent leur consommation et leur investissement. Cette politique stimule donc la demande globale, et donc la croissance économique.
  • A l’inverse, si la BC décide de remonter ses taux d’intérêt, le coût du refinancement est plus élevé. Les banques de second rang ont tendance à augmenter les taux d’intérêt pratiqués auprès de leurs clients et à accorder moins de crédits. La demande de crédit diminue, la quantité de monnaie en circulation se réduit. On parle dans ce cas de politique monétaire restrictive. Ce type de politique a tendance à ralentir la croissance économique, puisqu’elle freine la demande des agents économiques qui accèdent moins au crédit.

La Banque Centrale est garante de la confiance accordée à la monnaie qu’elle gère. Elle a pour rôle principal de préserver le pouvoir d’achat de la monnaie, défini par la quantité de biens et services qu’une unité monétaire permet d’acquérir. Sur le plan interne, le pouvoir d’achat de la monnaie varie en fonction du niveau général des prix : l’objectif prioritaire de la politique menée par la BCE est ainsi d’assurer la stabilité des prix (un taux d’inflation proche de 2%). Sur le plan externe, le pouvoir d’achat de la monnaie se mesure par la quantité de devises étrangères (et donc de biens et services achetés à l’étranger) qu’une unité monétaire permet de se procurer : une dépréciation de la monnaie sur le marché des changes correspond à une baisse de son pouvoir d’achat et réciproquement ; la Banque Centrale peut ainsi être amenée à intervenir sur le marché des changes.

b- La Banque Centrale joue le rôle du prêteur en dernier ressort en cas de crise grave

En cas de crise de liquidités (manque de monnaie) sur le marché monétaire, la Banque centrale se doit de créer la monnaie nécessaire au bon fonctionnement du système bancaire. Elle est le prêteur en dernier ressort. La crise des crédits "subprime" de 2007 a ainsi amené les Banques Centrales à refinancer massivement les banques commerciales. En effet, les banques, au début de la crise financière, ont refusé de se prêter des liquidités tant la défiance était généralisée sur les marchés. Personne ne connaissait exactement la situation financière des concurrents et, après la chute de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers et l’annonce de déficits importants de certaines banques, le risque d’insolvabilité s’est renforcé. Les banques ont donc cessé de se prêter des liquidités au jour le jour sur le marché monétaire interbancaire, pour ne pas risquer de se retrouver avec des débiteurs insolvables : le marché interbancaire était totalement paralysé. Comme les banques ne pouvaient plus se procurer de la monnaie centrale sur le marché monétaire, elles n’accordaient plus aucun crédit à aucun agent économique (et donc baisse brutale de la consommation et surtout de l’investissement des entreprises). Et elles risquaient de faire faillite, puisqu’elles ne pouvaient plus régler leurs dettes à l’issue des opérations de compensation. Les Banques Centrales ont donc massivement prêté de la monnaie centrale à des taux d’intérêt très bas (voire nuls dans certains cas) et ont racheté les « créances douteuses » qui avaient sapé la confiance des banques les unes vis-à-vis des autres. Les Banques Centrales ont donc injecté des liquidités sur le marché interbancaire pour éviter les faillites en chaîne et le credit crunch (le fait que les banques arrêtent d’accorder des prêts). C’est là la fonction de prêteur en dernier ressort.

III – Les différents circuits de financement de l’économie

Le financement est un préalable à l’activité économique : sans financement, pas d’activité économique. On peut percevoir ce rôle crucial du financement en période de « credit crunch », lorsque les banques n’accordent plus de crédit. Les entreprises ne peuvent plus investir, les ménages ont plus de mal à investir (achat immobilier) ou à consommer. C’est donc toute la demande qui est freinée, et l’activité économique qui est mise à mal. Il est donc important de comprendre comment fonctionne le financement de l’économie. Pour mettre en œuvre leur activité, les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques) ont besoin de ressources. Le financement désigne l’opération par laquelle un agent économique (ménage, entreprise, administration publique) se procure les ressources monétaires nécessaires à la poursuite de ses projets économiques. Tous les agents ne disposent pas nécessairement des ressources suffisantes pour mener à bien leur projet. Lorsque leur épargne est supérieure à leur besoin, les agents économiques ont une capacité de financement : ils ont une épargne excédentaire. C’est le cas des ménages. D’autres agents économiques au contraire ont une épargne inférieure à leur investissement. On dit qu’ils ont un besoin de financement. Les entreprises et les administrations publique sont dans ce cas.

Le rôle du système financier est de permettre que l’épargne des agents à capacité de financement puisse être utilisée par les agents à besoin de financement. Différents circuits de financement sont possibles.

A. L’autofinancement

Un agent économique s’autofinance grâce à son épargne. Il s’agit d’un financement interne, puisque l’agent économique utilise sa propre épargne accumulée.

Dans le cas d’une entreprise, sa capacité d’auto-financement dépend de ses amortissements et des bénéfices mis en réserve. Elle dépend donc du profit réalisé les années précédentes. Si l’activité est dynamique, la valeur ajoutée est importante, et l’EBE également, ce qui permettra à l’entreprise de disposer d’une capacité d’auto-financement (si elle décide de ne pas distribuer ses bénéfices aux propriétaires du capital du moins). À l’inverse, si l’activité est ralentie, les profits sont moindres, ce qui se répercute négativement sur la capacité d’auto-financement de l’entreprise. Le financement interne peut apparaître avantageux, car il permet à l’entreprise de ne pas dépendre d’autres agents économiques, et il ne présente pas de coût. En revanche, il suppose de ne pas rémunérer les propriétaires du capital (les actionnaires par exemple), ce qui peut être mal accepté. Steeve Jobs avait fait le choix de mettre en réserve tous les bénéfices d’Apple pour financer les investissements en recherche et développement. À sa mort, Tim Cook a décidé de verser des dividendes à ses actionnaires. Bien souvent, l’autofinancement est insuffisant pour couvrir la totalité du besoin de financement : les agents économiques sont contraints de faire appel à l’épargne d’autres agents économiques. On parle alors de financement externe. Il existe deux formes de financement externe : le financement intermédié et le financement direct.

B. Le financement externe indirect, ou financement intermédié

1) Principe

Le financement indirect est le mode de financement dans lequel les banques et les institutions financières jouent le rôle d’intermédiaires entre les agents à capacité de financement (collecte de l’épargne ou vente de titres financiers sur les marchés) et les agents à besoin de financement (prêts).

Les intermédiaires financiers sont principalement les banques. Leur activité traditionnelle consiste à collecter l’épargne des agents économiques, et à accorder des crédits aux agents présentant un besoin de financement, moyennant le paiement d’un intérêt. Si le taux d’intérêt représente pour l’emprunteur le coût du crédit, pour le prêteur il représente sa rémunération. En effet, en prêtant ses ressources, un agent économique renonce à la liquidité (il devra attendre d’être remboursé pour pouvoir utiliser et dépenser la somme prêtée). Il prend par ailleurs des risques. Le risque de crédit correspond au risque de non-remboursement par l’emprunteur. Par ailleurs, l’inflation fait que la valeur de la monnaie remboursée vaut moins que la valeur de la monnaie empruntée. Il apparaît donc normal que le prêteur fasse payer un taux d’intérêt qui soit supérieur à l’inflation, de sorte que le taux d’intérêt réel (taux d’intérêt nominal – taux d’inflation) soit positif. Le taux d’intérêt dépend donc du risque présenté par l’emprunteur. Ainsi, l’État grec emprunte-t-il à des taux plus élevé que l’Allemagne ou la France, la plupart des prêteurs considérant que le pays présente un risque élevé de non-remboursement. Mais le taux d’intérêt dépend aussi du niveau de l’inflation et de la durée du prêt (logiquement, un prêt sur 1 an devrait coûter plus cher qu’un prêt sur 1 mois, puisque le renoncement à la liquidité est plus long).

2) Comment a évolué cette forme de financement ?

Le financement intermédié est la seule source de financement des ménages, et la principale de source de financement des PME qui n’ont pas accès aux marchés financiers. Les banques jouent donc un rôle crucial dans le financement de l’économie. Toutefois, la place des banques dans les circuits de financement s’est réduite depuis les années 1980, lorsqu’on assisté au développement des marchés financiers et à une mondialisation financière. On est passé d’une économie d’endettement (une économie où l’essentiel des activités est financé par le crédit bancaire) à une économie de marchés financiers, où le financement de l’activité se fait davantage grâce à l’autofinacement et au financement externe direct.

3) Quels sont les risques de cette forme de financement ?

Pour une entreprise, le financement par endettement présente un risque. En effet, les remboursements sont fixes, ils sont déterminés lors de la négociation du contrat de prêt et ne s’adaptent pas à la conjoncture. Lorsque l’entreprise va bien, elle n’a pas de difficulté à rembourser. Cependant, lorsqu’elle va moins bien, son chiffre d’affaire diminue, donc son profit. Les remboursements pèsent alors beaucoup plus lourd, et elle peut même être en difficulté pour rembourser sa dette.

Le cas de la dette grecque permet d’illustrer un autre risque du financement par endettement. La Grèce, déjà très endettée, présente un risque élevé d’insolvabilité. Les taux d’intérêt qu’on lui demande sont très élevés et la charge de la dette (c’est-à-dire la part du budget qu’il faut consacrer au remboursement de la dette et des intérêts) est de plus en plus forte, ce qui creuse le déficit budgétaire. Elle doit donc s’endetter encore pour rembourser sa dette, d’autant plus que sa croissance est en berne. C’est ce que l’on appelle l’effet « boule de neige ». Par ailleurs, la charge de la dette ne lui permet pas de mener des politiques de soutien à son économie (aides aux entreprises, aides sociales…), sinon son déficit budgétaire serait trop important, et elle ne pourrait pas le financer. La Grèce ne parvient donc pas à relancer son économie, sa croissance reste très faible. Elle ne peut pas équilibre son budget, parce que ses recettes fiscales restent faibles (le recettes fiscales dépendent de l’activité économique), et elle est contrainte s’endetter toujours plus.

C. Le financement externe direct, ou financement de marché

1) Principe

Le financement direct ou désintermédié est un financement qui passe par la rencontre directe entre les agents à capacité de financement et les agents à besoin de financement. La dette de l’un constitue la créance de l’autre. Ce financement se fait sur le marché des capitaux, par émission de titres.

Le marchés des capitaux est composé de différents segments. Le marché monétaire est le marché des capitaux de court terme. Il se compose d’une part du marché monétaire interbancaire (sur lequel les banques de seconde rang se refinancent) et du marché monétaire élargi (où les entreprises émettent des titres de créance négociable à court terme, comme des billets de trésorerie ou des certificats de dépôt). D’autre part, on trouve le marché financier où s’échangent principalement des actions et des obligations. Les actions sont des titres de propriété du capital d’une entreprise qui donnent droit au versement d’une partie des bénéfices distribués, appelée dividende. Les obligations quant à elles sont des titres de créances remboursables à échéance qui donnent droit au versement d’un intérêt. Il faut bien distinguer le financement sur fonds propres (émission d’actions) et le financement par endettement (émission d’obligations ou de billets de trésorerie) car ils n’impliquent pas les mêmes contraintes pour l’entreprise.

L’émission d’actions et d’obligation sur le marché primaire permet aux agents économiques de se financer. En effet, les titres sont acquis par des agents à capacité de financement, qui mettent ainsi à disposition de l’émetteur de titre leurs ressources. Ces titres peuvent ensuite être revendus sur le marché secondaire, c’est-à-dire à la Bourse. Le marché secondaire ne participe pas directement au financement des agents économiques, mais il joue un rôle important. En effet, il assure la liquidité du marché primaire. En clair, c’est parce que les agents économiques sont sûrs de pouvoir revendre leur titres (et se procurer de la monnaie) qu’ils acceptent d’acquérir des actions et des obligations sur le marché primaire.

2) Comment a évolué cette forme de financement ?

Le financement direct s’est fortement développé depuis les années 80, suite aux différentes réformes qu’ont connues les marchés financiers, sous l’impulsion de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Il s’agissait de constituer un vaste marché mondial des capitaux, en supprimant au maximum les contraintes qui encadraient les différents marchés. Désormais, tous les acteurs économiques peuvent intervenir sur tous les marchés, quelque soit leur nationalité ou leurs objectifs. Cela a permis de mettre à disposition des agents à besoin de financement une épargne très abondante, et donc peu coûteuse.

Ce mouvement de désintermédiation a eu un impact sur l’activité des banques. Elles ont dû en effet changer de métier puisque leur activité traditionnelle de collecte de l’épargne et d’octroi de crédit était en déclin et ne générait plus autant de bénéfices. Elles sont devenues des acteurs essentiels sur les marchés financiers (elles achètent et vendent des titres pour leur propre compte – spéculation, ou pour le compte de leurs clients, elles émettent des titres afin de pouvoir accorder des crédits). Elles continuent de financer l’activité économique, soit en achetant des titres émis par des agents à capacité de financement, soit en plaçant l’épargne de leurs clients.

3) Quels sont les risques de cette forme de financement ?

Le financement direct présente de nombreux avantages. Il est peu coûteux, puisqu’il n’y a plus d’intermédiaire à rémunérer, mais aussi grâce à l’essor des marchés financiers depuis les années 1980, qui ont permis d’augmenter considérablement l’épargne disponible sur les marchés. Par ailleurs, le financement sur fonds propres (c’est-à-dire par émissions d’actions) n’engendre pas de charge de remboursement fixe. Le versement des dividendes est soumis aux résultats de l’entreprise et au choix qu’elle fait de ne pas mettre ses bénéfices en réserve. En revanche, il existe un risque de perte de contrôle de l’entreprise (l’augmentation du nombre d’actions fait diminuer la part possédée par le propriétaire de l’entreprise). Par ailleurs, c’est un mode de financement qui induit des contraintes de gestion/stratégie : il s’agit de « créer de la valeur pour l’actionnaire », de verser des dividendes jugés suffisamment élevés par les actionnaires, sinon plus de possibilité de financement par ce biais. Ce qui peut pénaliser l’investissement ou l’emploi. Enfin, le financement par émission de titres peut échouer, si trop peu d’agents à capacité de financement acceptent d’acquérir les titres.

Le financement par émission de titres de dette (obligations) présente le même risque que le financement bancaire.

Plus globalement, l’essor de la sphère financière fait peser des risques pour l’économie tout entière, du fait de l’instabilité intrinsèque des marchés financiers. Une crise financière peut en effet déboucher sur une crise économique, comme on a pu le constater lors de la crise des subprimes en 2008. Pour schématiser, les banques américaines ont été mises en difficultés par le retournement du marché immobilier. Les titres qu’elles avaient émis ont perdu toute leur valeur, mettant en difficulté des banques et des acteurs des marchés financiers, et entraînant la faillite d’une grande banque américaine, la banque Lehman Brother. Le système bancaire mondial a été totalement paralysé, du fait de la perte de confiance des banques, et on a assisté à un credit crunch très brutal. La crise bancaire est devenue une crise économique.

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